Des bébés biberonnés à la potion nazie – Libération

Ils ne sont pas tous blonds et n’ont pas forcément les yeux clairs. Mais tous sont le fruit de la folie raciale d’Adolf Hitler, qui voulait exterminer les races dites inférieures et faire émerger la suprématie d’une «race aryenne» supérieure. Parmi les nombreuses atrocités de ce régime, stérilisations forcées et crimes de masse ont été régulièrement documentés. C’est moins le cas pour le pendant de cette sinistre entreprise : celle de faire naître un peuple d’élus, d’enfants aryens destinés à assurer l’avenir du peuple allemand. Cet autre système, là aussi rigoureusement mis en place par le régime nazi, concerne alors plusieurs milliers d’enfants.

Maternité. C’est à cette facette du nazisme que réalisateur Romain Icard a choisi de consacrer un documentaire. Dans les Pouponnières du IIIe Reich, diffusé ce soir sur France 3, il part à la rencontre de ces enfants du national-socialisme. En alternant entretiens et images d’archives étonnantes, il peint un tableau saisissant de ce monstrueux projet.

«La future jeunesse allemande doit être rapide comme un lévrier, solide comme le cuir et dure comme l’acier», clame Hitler dès 1933. Pour répondre à cette injonction sont créés les Lebensborn, maternités du Reich où les femmes sont encouragées à faire don de leur enfant au régime. C’est à Steinhöring, près de Munich, que les Américains découvrent, le 3 mai 1945, plus de 200 enfants gardés dans une maternité du Reich. En images, ces lieux apparaissent comme des scènes bucoliques d’enfants joufflus qui s’amusent au soleil, gardés par une tripotée de nourrices, la croix gammée sur leur blouse.

Après l’Allemagne, où des nazis convaincus n’hésitent pas à donner leurs enfants, des Lebensborn apparaissent dans tous les pays occupés, où ils accueillent notamment des femmes ayant cédé aux charmes de l’occupant et préférant accoucher à l’abri des regards. Des milliers d’enfants naissent dans ces structures, où les conditions de vie, y compris pendant les plus dures années de la guerre, restent confortables.

Soixante-dix ans plus tard, ils témoignent face caméra et à cœur ouvert, comme Erwin Grinsky, né le 21 mai 1944 dans le seul Lebensborn de France, à Lamorlaye, dans l’Oise, et dont la mère a longtemps tu les origines.

Déni.

via ecrans.liberation.fr

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